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Riteba McCallum
24 septembre 2021

Quelques conseils pour adopter la rédaction inclusive

La rédaction inclusive, qu’est-ce que c’est?

La rédaction inclusive consiste à choisir des mots et des expressions qui englobent les personnes de tous les genres (femmes, hommes, personnes non binaires, etc.). Cela signifie éviter les pronoms masculins génériques et les expressions comme « les droits de l’homme » pour parler des personnes de tous les genres. Cela signifie également qu’il ne faut pas oublier que tout le monde n’est pas un homme ou une femme cisgenre et qu’il faut écrire d’une manière qui tienne compte de chaque identité et de chaque vécu.

Pourquoi la rédaction devrait-elle être inclusive?

Tout le monde sait que le générique « il » est censé englober les autres sexes et que des mots comme « homme d’affaires » ou « caméraman » n’empêchent pas les femmes d’exercer ces professions. Bien que ces mots reflètent un passé plus sexiste, de nombreuses personnes affirment que ce qui compte aujourd’hui, ce sont les droits des femmes et des personnes LGBTQ+, et non les mots que nous utilisons.

Or, il s’avère que les mots ont de l’importance. Si vous écrivez ou traduisez de manière professionnelle, vous le savez probablement déjà intuitivement, mais la science le confirme également. Des spécialistes de la cognition comme Lera Boroditsky ont démontré que la langue peut façonner notre pensée. De même que, selon de nombreuses études, la rédaction inclusive a un effet tangible sur les préjugés et les comportements des gens.

Dans cet article, nous avons donc rassemblé les pratiques linguistiques les plus courantes qui peuvent être source d’exclusion en français. Nous vous montrerons comment les éviter le plus naturellement possible. En réalité, loin de paraître forcé ou de donner l’impression que vous vous pliez en quatre pour la rectitude politique, le langage inclusif peut plutôt rendre vos écrits plus précis, plus concis et plus pertinents.

Éviter les tournures genrées

Il n’est pas surprenant que les recherches montrent que lorsque l’on entend ou lit des mots comme « pompier », « homme d’affaires » ou « facteur », même lorsqu’ils sont utilisés de manière générique, on se représente mentalement des hommes. En particulier dans le contexte des titres d’emploi, les mots dont la version au féminin entraîne un glissement de sens (p. ex. marin, marine) ne sont manifestement pas représentatifs lorsqu’ils sont appliqués à des rôles et à des professions qui peuvent être occupés par des personnes d’autres genres.

En outre, lorsque nous nous représentons constamment les hommes d’affaires, les pompiers, les présidents comme des hommes, nous finissons par renforcer inconsciemment le stéréotype selon lequel ces rôles sont réservés aux hommes, et les femmes et les jeunes filles sont moins susceptibles de s’imaginer exercer ces professions.

Heureusement, il existe des solutions parfaitement adaptées. Voici quelques suggestions :

hommes d’affaires gens d’affaires
hommes de loi gens de loi
évaluateur personne chargée de l’évaluation
clients clientèle
employés personnel
professeurs corps enseignant
directeur direction
droits de l’homme droits de la personne
électeurs électorat
directeur de projet gestionnaire de projet
étudiant élève
policier membre des forces de l’ordre
député membre du congrès

Remarque : La féminisation des métiers et des professions a fait couler beaucoup d’encre. On distingue les formes féminines déjà admises (p. ex. avocate, agricultrice) et les mots identiques au masculin et au féminin (médecin, diplomate). L’emploi d’un terme épicène (qui reste le même pour les personnes de tout genre) est préférable lorsque c’est possible pour éviter le masculin générique ou les doublets trop fréquents (p. ex. « spécialistes » au lieu de « experts et expertes », « artistes » au lieu de « musiciens », « chefs » au lieu de « dirigeants »).

Éviter les pronoms masculins génériques

Une étude a démontré que l’emploi générique du masculin dans une offre d’emploi faisait en sorte que les candidates féminines qui la lisaient se sentaient moins à leur place dans ce milieu professionnel. Par conséquent, même en sachant qu’elles étaient incluses dans le « il » de l’offre d’emploi, elles étaient moins motivées à postuler que si cette même offre était formulée de manière inclusive.

L’une des solutions les plus courantes pour les pronoms masculins génériques est l’utilisation de « elle ou il », « il/elle », « son/sa ». Toutefois, cette pratique n’est pas recommandée pour deux raisons. Tout d’abord, le style d’un texte rempli de ces paires devient lourd et maladroit. Deuxièmement, il est désormais largement admis qu’il n’existe pas que les deux genres représentés par « il » ou « elle ». Pour être vraiment inclusif, il est essentiel d’inclure les personnes non binaires.

Au lieu de « il ou elle », essayez de faire ce qui suit :

  • Privilégier un mot épicène. Plutôt que « Les employés seront récompensés », écrivez « Le personnel sera récompensé »; utilisez un adjectif non genré comme « apte » plutôt que « compétent »; évoquez « les gestionnaires » au lieu des « directeurs ».
  • Privilégier la voix active. Au lieu de : « Vous serez ensuite invités à retourner à la salle d’exposition », vous pourriez dire : « Nous vous inviterons ensuite à retourner à la salle d’exposition » ou : « Vous pourrez ensuite retourner à la salle d’exposition. »
  • Utiliser un nom plutôt qu’un adjectif ou participe passé. « Soyez créatif et ouvert d’esprit » pourrait ainsi devenir « Faites preuve de créativité et gardez l’esprit ouvert. » Hop, le genre a disparu!
  • Utiliser le terme « personne » et le féminin générique par la suite. Par exemple : « La personne titulaire du poste sera responsable de diriger plusieurs projets. Elle devra être efficace et bien organisée. » En anglais, le pronom they est employé comme pronom neutre depuis des centaines d’années, mais en français, les pronoms neutres comme « iel » ne sont pas encore aussi fréquemment utilisés. En attendant qu’ils se répandent dans l’usage, l’emploi de « une personne » est une solution épicène qui s’avère toujours utile et qui s’intègre harmonieusement dans un texte.

Astuce : Une étude intéressante a montré que l’utilisation du langage non genré réduisait les préjugés inconscients et augmentait les sentiments positifs à l’égard des femmes et des personnes LGBTQ+. Les mots que nous choisissons peuvent façonner notre façon de penser!

Changer l’ordre des mots

Lorsque nous énumérons deux sujets, nous avons tendance à placer en premier le terme que nous considérons comme le plus dominant ou le plus important. Selon une étude sur la manière dont les gens formulent des expressions avec deux mots genrés (« hommes et femmes », « mères et pères », etc.), les femmes ont davantage tendance à être mentionnées en premier dans un contexte familial ou scolaire, mais moins dans un contexte d’affaires, ce qui sous-entend que le rôle des femmes serait plus important à la maison qu’au travail. Si vous vous surprenez à agir de la sorte, envisagez d’inverser l’ordre pour changer. Ou mieux encore : à moins qu’il n’y ait une bonne raison de mentionner ces deux genres, optez pour un terme plus inclusif comme « parents ». Cette option inclut les personnes non binaires et a l’avantage de rendre votre texte plus concis.

Faire attention aux titres de civilité

La façon dont sont utilisées les formules de politesse telles que « Monsieur », « Mademoiselle » et « Madame » est un autre exemple de langage genré qui peut contenir certains préjugés ou stéréotypes.

« Monsieur » peut désigner n’importe quel homme, qu’il soit célibataire ou marié, alors que « Mademoiselle » et « Madame » définissent les femmes selon qu’elles sont mariées ou non, ce qui, jusqu’à récemment, signifiait qu’elles étaient définies par leurs relations avec les hommes. La solution la plus simple pour s’adresser ou se référer à une femme est « Madame », ce qui ne précise pas son état civil.

En outre, les titres de civilité doivent être utilisés de manière symétrique. Si le nom d’un homme est indiqué en entier, celui d’une femme doit l’être également.

Correct : Gerard Tanaka et Maria Cosentini
Correct : Mme Cosentini and M. Tanaka
Incorrect : M. Tanaka et Maria
Incorrect : M. et Mme Gerard Tanaka

Remarque : On peut également employer le titre de civilité non binaire utilisé par la personne concernée (par exemple, « mix » ou son abréviation « Mx »). En cas de doute, envisagez d’omettre les titres de civilité de votre texte; ce niveau de formalité n’est pas toujours nécessaire.

Supprimer les descriptions superflues

Une habitude qui empêche la rédaction de textes clairs, précis et exempts de préjugés consiste à inclure des renseignements (souvent sur les femmes) qui n’ont rien à voir avec le contexte ou qui mêlent des rôles privés à des rôles publics. La mention de détails hors contexte, comme l’apparence et la situation familiale, détourne l’attention de la question importante. Vous ne savez pas si quelque chose est hors sujet? Demandez-vous si vous incluriez les mêmes renseignements s’il s’agissait de la description d’un homme.

Incorrect : Du haut de ses 5 pieds 1 pouce, la pétillante directrice Rebecca Tellier a réussi à convaincre le vice-président de financer le projet.
Incorrect : Cette mère de deux enfants a été élue pour un second mandat à la mairie.

Des adjectifs tels que « pétillante », « émotionnelle », « fragile », « hystérique » ou « exubérante » (c’est-à-dire des mots qui sont rarement utilisés pour décrire un homme) ont certaines connotations sexistes, même lorsque leur emploi se veut un compliment. Les mots « veuve », « mère », « grand-mère », « petite », « menue » ou « blonde » pour décrire une femme sont généralement superflus et n’ajoutent rien de pertinent à la phrase.

Remarque : Lorsqu’une personne occupe un emploi ou un poste non conventionnel pour son genre, on ressent parfois le besoin de le souligner en indiquant le genre de la personne en question. Ainsi, certaines personnes peuvent inconsciemment supposer qu’un médecin est un homme et que les soins infirmiers sont réservés aux femmes. Elles auront alors tendance à formuler des phrases comme « Un médecin compétent vous auscultera, puis une infirmière prévenante vous emmènera à votre chambre », ce qui renforce ces idées reçues. À moins de parler d’une personne en particulier dont on connaît le genre, il est préférable de formuler de manière plus épicène, par exemple : « Votre médecin vous auscultera, puis un membre du personnel infirmier vous emmènera à votre chambre. »

Vous voulez en savoir plus?

Plusieurs suggestions sont tirées du livre Editing Canadian English (3rd Ed.) par Editors Canada (en anglais uniquement). Ce livre contient également d’excellents conseils sur la manière de rendre votre écriture inclusive pour les personnes de diverses origines ethniques et orientations sexuelles, ainsi que pour celles vivant avec un handicap.
Il existe également beaucoup de ressources pour la langue française, comme celles du gouvernement du Canada et de l’Office québécois de la langue française.

L’équipe de révision d’OXO Innovation peut aussi réviser vos textes (en français ou dans une autre langue) pour les rendre aussi inclusifs que vous le souhaitez. Nous pouvons également vous aider à élaborer votre propre guide de rédaction d’entreprise sur ces questions. Communiquez avec nous pour en savoir plus sur nos services multilingues.

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